Présentation

Présentation
Comme beaucoup d'autres avant moi, j'ai décidé de créer ma propre fiction de twilight. Elle racontera tout ce qu'a vécu Edward pendant sa séparation avec Bella. Elle commence un tout petit peu avant new moon et finira sûrement un peu après. Je préviens aussi qu'Edward ne sera pas un enfant de coeur, je l'adore mais je n'aime pas l'image idéaliste du personnage principal. Il risque donc de déraper %)

PS : JE N'AI PAS LU MIDNIGHT SUN ( ET JE NE VEUX PAS LE LIRE ), IL EST DONC NORMAL QUE MA FIC NE CONCORDE PAS AVEC CE QUE CONTIENNENT LES CHAPITRES DE SM. ALORS, PAR PITIE, ARRETEZ DE ME DIRE QUE MA FIC NE CORRESPOND PAS A MIDNIGHT SUN !!

Sur ce blog, vous n'entendrez pas parler de ma vie, ni de mes amis.

Attention !! Je ne préviens que les prévenus, PAS LES AMIS !! Sinon jamais je m'en sors :) Merci de votre compréhension.

LE PLAGIAT EST ILLEGAL. MEME VIA INTERNET. SACHEZ, AGREABLES PERSONNES QUI VIENNENT SUR MON BLOG ET QUI REPARTENT AVEC UNE NOUVELLE FICTION A METTRE SUR LE LEUR QUE JE NE LAISSERAIS RIEN PASSER ET J'AGIRAIS EN CONSEQUENCES.


Les prévenu(e)s seront affichés sur cet article.

Viens me noter ici et


Voilà, c'est fini.
"En échange je vais te faire une promesse. Je te jure que tu ne me reverras plus jamais. Je ne reviendrais pas." Sauf pour poster les chapitres ;)



/!\ Changement : La liste des prévenus est modifiée !! Seules les personnes qui m'auront laissé un com sur le dernier article prouvant qu'ils ont lu la fic seront prévenus pour le chapitre suivant ! /!\

Je ne fais pas ça pour avoir plus de com's, simplement, je me suis aperçue que certains de mes prévenus voulaient juste le lien. Etant donné que prévenir des blogs prend énormément de temps. Je ne veux pas le faire pour que certains blogs aient un lien. j'ai donc décidé de changer de système.

Merci de votre compréhension.

Les prévenu(e)s pour le chapitre suivant seront affichés ici :

x3--B-3-l-l-a--x3


Associée à unis-contre-le-plagiat . C'est un blog qui aide les fictions qui se sont faites plagier. Allez voir, c'est génial :D

# Posté le mardi 11 novembre 2008 15:09

Modifié le dimanche 22 novembre 2009 13:04

Prologue

Prologue


"Un seul être vous manque, et tout est dépeuplé."
Lamartine

En 100 ans d'existence, jamais je n'avais ressenti une telle douleur.
Je l'avais abandonnée pour son bien mais une fois encore je n'avais fait que le mal.
J'étais un monstre. J'avais changé mon régime alimentaire, je n'assassinais plus
d'humains mais j'étais un autre genre de monstre, bien plus cruel, j'étais de ceux
qui font souffrir ceux qu'ils aiment, de ceux qui ne méritaient pas de vivre. C'était fini,
je n'importunerais plus aucun être, humain, vampire ou toute autre espèce. Elle n'était
plus de ce monde et plus rien ne comptait. Dans quelques minutes, j'allais la rejoindre,
du moins c'est ce que j'espérais, bien que cela fut impossible. Le paradis m'était interdit
mais il lui était ouvert d'office.
Ce fut avec un sourire tranquille que je fermais les yeux, gravant à jamais son visage dans
ma mémoire, et que je m'avançai vers mon funeste destin. La lumière allait m'être fatale.
Pourtant, en cet instant, rien ne me paraissait plus beau que le soleil de midi.

# Posté le mardi 11 novembre 2008 15:23

Modifié le mercredi 12 novembre 2008 08:15

Chapitre 1 : Débat

Chapitre 1 : Débat


« - Non Edward ! Je ne veux aucun cadeau, je ne veux pas qu'on me souhaite mon anniversaire, je ne veux aucune marque d'affection et surtout pas de toi.
- Pourquoi ? M'étonnai-je, ce sont tes dix-huit ans, tu pourrais en profiter ! Je ne l'atteindrais jamais, tu pourrais nous faire plaisir un peu, et puis pourquoi certainement pas moi ? Pourquoi ce régime spécial ?

Elle soupira, visiblement exaspérée par ma lenteur à comprendre

- Tu m'aimes, répondit-elle, (tu parles d'une évidence), je ne le comprends pas, même si je m'en réjouis, et c'est déjà beaucoup trop. Chaque cadeau, chaque marque d'attention ne fait que renforcer le déséquilibre déjà immense qui existe entre nous.
- Quel déséquilibre ? Il n'y a aucun déséquilibre qui tienne, je t'aime comme je n'ai jamais aimé personne, tu es ma vie, tu es tout ce qui me retiens à mon existence. Tu es mon c½ur, tu es ce qui me permet de vivre.
- Moi aussi je t'aime, bougonna-t-elle, et pour ce qui est du déséquilibre, regarde moi.
- Je ne fais que ça.
- Edward ! Regarde-moi et compare-moi à toi ! Jamais je ne t'arriverais à la cheville !

Elle me considérait comme un dieu vivant et refusait d'admettre que je n'étais qu'un monstre dangereux et sans intérêt. Dans son sommeil, je l'entendais murmurer « Mon Edward, mon Adonis ».

- Quand vas-tu admettre que je suis un monstre et comprendre que tu me dépasses dans bien des domaines ?
- Encore faudrait-il que tu sois un monstre.

Elle détourna la tête et une vague de culpabilité m'envahit. Une fois encore je l'avais blessée. Je n'étais vraiment bon à rien. Malgré tout ce qu'elle disait, j'étais un monstre et elle m'en apportait la preuve.

- Excuse moi ma Bella, je n'aurais pas dû te dire ça, je t'ai blessée. Pardonne moi.

Puis, pour être sûr d'être pardonné, je fis un geste que je m'autorisais rarement, trop rarement, pour sa sécurité. Je joignis mes lèvres aux siennes avec envie et passion. Elle me rendit mon baiser en s'emportant, encore une fois et, trop tôt, je dus m'écarter pour résister à mon désir naturel. Je ris doucement mais je ne quittais pas ses prunelles des yeux. Elle était si belle !

- T'ai-je déjà dit à quel point il me serait douloureux de te perdre ? lui murmurai-je dans le creux de l'oreille
- Oui, répondit-elle, mais ta douleur ne serait rien comparée à la mienne.
- Qu'en sais-tu ?
- Comme tu l'a dit un jour, ce serait comparer un arbre frêle à une forêt entière
- Je t'aime, rétorquais-je en guise de contre-partie

Nous étions à ce moment sur le canapé de sa salle à manger et elle se blottit contre mon torse de pierre. Je m'étais toujours demandé comment elle parvenait à ne pas geler à mon contact. Par sécurité, je la recouvris quand même du plaid plié sur l'accoudoir.

- Tu restes cette nuit ? Me demanda-t-elle soudain
- Non, Carlisle et moi allons chasser du gros gibier un peu loin. Il commence à se lasser des cerfs et élans du coin.

Ce n'était pas tout à fait exact. En réalité, je serais accompagné de Jasper et d'Emmett mais Bella ne devait pas être au courant – une surprise supplémentaire pour son anniversaire.

- Et toi ? N'en as-tu pas marre de tuer Bambi ? Ne préfèrerais-tu pas quelques pumas ?

Je soupirai, elle lisait en moi comme dans un livre ouvert.

- Je préfère généralement ne pas m'éloigner, éludai-je d'une voix tranquille.

Elle ne s'y trompa pas

- Ne chasse pas près d'ici simplement pour ma sécurité, je suis capable de survivre une nuit sans toi. Je ne pense pas tomber dans le lavabo en me brossant les dents, plaisanta-t-elle
- On ne sait jamais, avec toi, tout est possible, la taquinai-je en retour.

« J'espère que l'autre ne va pas être à la maison »
Oups ! Cette pensée là ne pouvait provenir que de l'esprit de Charlie. Le père de Bella qui, à juste titre, ne m'appréciait guère. Je me redressai brusquement et poussai doucement Bella contre le dossier de façon à paraître moins débraillés. J'entendis la voiture tourner au coin de la rue, avant de ralentir et de se garer à son emplacement habituel. La porte s'ouvrit et Bella partit accueillir son père en sortant leur repas du four.

- Bonjour Charlie, dis-je en m'avançant à pas mesurés
- 'Jour, reçus-je en guise de réponse à mes salutations. Ses pensées étaient en revanche bien plus parlantes :

« Il est encore là ! Comme tous les soirs ! Un jour Bella finira sûrement par avoir assez du St- Bernard et elle le jettera. Non ne te laisse pas aller à de pareils espoirs »

Il s'attaqua à son repas tandis que ses pensées se calmaient progressivement. Je partis m'installer devant l'écran de télévision, faisant mine de m'intéresser au sort des papillons nocturnes de Birmanie en soit-disant voie d'extinction. Les journalistes n'avaient vraiment rien à faire de leurs journées pour passer un reportage comme ça. Derrière moi, à table, personne ne disait mot. Une fois le repas terminé, je me levai pour partir.

- Au revoir Charlie, c'est toujours un plaisir de vous voir.
« Pas pour moi, rassure-toi, j'aimerai t'avoir moins souvent dans les pattes »
- Salut.

Bella m'accompagna jusqu'à la porte, je l'embrassai sur le front et lui glissai tendrement à l'oreille :

- N'oublie pas que demain est un jour exceptionnel
- Tu parles, c'est mon anniversaire, bougonna-t-elle
« Bon il décampe ou pas ?! »

Sur ce je posai délicatement mes lèvres sur les siennes et partis sans lui donner le temps de remarquer l'euphorie que ce moment m'avait procuré. Je montai dans ma voiture et partis rejoindre Jasper et Emmett qui m'attendaient non loin de là, prêts pour une partie de chasse enfin digne de ce nom. Durant le trajet, Jasper ne manqua pas de remarquer mon euphorie

- Tu es moins joyeux d'habitude lorsque nous sortons chasser aussi loin, ça t'avais manqué à ce point ?
- Non , rassure-toi. Dégommer deux ou trois pumas me feras sûrement du bien mais c'est pas ça qui me rend euphorique.

« Bella a encore dû dépasser les bornes »

- Non Emmett, détrompe-toi. On y va ? Il faut être au lycée demain matin.


« Change de sujet, comme si de rien était »

Pour toute réponse je grognai et m'élançai à travers bois suivi de mes deux frères.

__________

Court chapitre, je sais. Mais rassurez-vous les autres sont bien plus longs ^^

Certains d'entre vous m'ont fait remarquer que Charlie ne déteste pas
Edward au début de New moon. C'est vrai je dois l'avouer mais n'oubliez
pas qu'il lui en veut toujours un peu car il pense que c'est lui qui a fait fuir
Bella à Phoenix. La 2ème raison ( la plus importante lol) c'est que j'avais
envie de rire et c'est le seul truc drôle qui m'est venu.:$

Vos critiques ? (bonnes ou mauvaises :) )

# Posté le mardi 11 novembre 2008 15:32

Modifié le dimanche 25 janvier 2009 04:58

Chapitre 2 : Drame

Chapitre 2 : Drame
Partie I :

La nuit avait été joyeuse et nous nous étions bien amusés – ce qui n'était évidemment pas le cas des pumas et autres grizzlis. Chasser du gros gibier nous avait fait du bien à tous les trois même si une partie de mon cerveau se demandait ce qu'avait bien pu dire Bella durant son sommeil.

A notre retour à la maison, nous avions trouvé une Alice excitée comme une puce tandis que Rosalie et Esmée se consolaient en se disant que cette excitation passerait la nuit prochaine. Carlisle était à l'hôpital. Après m'être quelque peu posé, je partis en direction du lycée avec Alice, et nous attendions Bella.

- Je t'assure qu'elle va adorer, ne cessait de me répéter Alice au coin de l'oreille
- Nous verrons bien, mais Bella est têtue et je ne pense pas que tu parviendras à la faire changer d'avis.
- Elle va aimer, je te le jure.

A ce moment, des pétarades interrompirent la quiétude ambiante du matin et nous indiquèrent l'arrivée prochaine de Bella. Elle s'évertuait à refuser mes cadeaux mais elle aurait bien eu besoin d'une voiture. Je la voyais très bien au volant d'un petit coupé Audi mais elle refusait d'en entendre parler. Cependant, je ne désespérais pas et je pensais pouvoir la lui offrir un jour.
Enfin, sa voiture (si on pouvait appeler ce tracteur une voiture) tourna sur le parking et vint se ranger sagement à quelques emplacements de la Volvo. Elle était aussi belle qu'à l'ordinaire, bien qu'une ligne soucieuse se dessinât sur son front parfait. Elle tourna son magnifique visage vers le mien et la ligne s'effaça l'espace de quelques secondes et fut remplacée par une joie sans limites.
Elle claqua la portière de son engin qui se délita en débris rouillés confirmant mon point de vue concernant le coupé. Elle s'approcha de nous tandis qu'Alice, ne tenant plus en place, fondait sur elle avec un immense sourire.

- Bon anniversaire Bella ! Claironna–t-elle au grand désespoir de cette dernière
- Chut ! siffla-t-elle en vérifiant autour d'elle que personne n'avait eu ouïe de l'échange.
- Tu ouvres ton cadeau maintenant ou plus tard ? Enchaîna le petit lutin
- J'avais dit pas de cadeau, se renfrogna-t-elle
- Très bien ... Ca attendra alors. As-tu aimé l'album photo que t'as envoyé ta mère ? Et l'appareil de Charlie ?

Je me mordis la lèvre. Alice avait vu les cadeaux de Bella mais pas quand elle les recevrait. Résultat des courses, le suspens était gâché. Elle soupira mais répondit néanmoins

- Oui c'est super.
- Je trouve leur idée géniale. On est en Terminale qu'une seule fois. Autant en profiter pour immortaliser les meilleurs moments de cette année, continua de pérorer Alice
- Combien de Terminales as-tu effectuées toi ?

« Oh la la ! Jusqu'au bout ! Elle est vraiment têtue ! »
Je m'esclaffai en entendant la pensée de ma s½ur.

- Ce n'est pas pareil.

Durant cet échange, elles s'étaient approchées de moi. Je tendis la main, avide de prendre la sienne et de sentir, encore une fois, sa chaleur, sa douce chaleur, contre ma peau, semblable à du marbre. Sa peau était, comme d'ordinaire, d'une chaleur que j'avais oubliée avant de la connaître. Incomparable, elle me transportait très loin d'ici. Je serrai doucement sa paume, avide de sa fragilité et de sa douceur qui me manquaient tant lorsque j'étais parmi les miens. Elle plongea ses yeux dans les miens et son c½ur s'affola, comme toujours. Il produisait une mélodie douce, joyeuse et tellement tendre. Jamais je n'aurais pu jouer une mélodie semblable. Ce bruit était tout simplement magnifique. Je souris et levai un doigt, caressant tendrement le délicat ourlet de ses lèvres.

- Sauf erreur de ma part, et si je me souviens bien d'une certaine conversation, je ne suis pas autorisé à te souhaiter un joyeux anniversaire. C'est bien ça ?
- En effet.
- Je préférais m'en assurer. Au cas où tu aurais changé d'avis. La plupart des gens semblent heureux de l'événement et des présents qui l'accompagnent.

Alice s'esclaffa avant d'ajouter

- Toi aussi tu vas adorer Bella ! Aujourd'hui tout le monde est censé être aux petits soins pour toi et exaucer tes moindres désirs. Que pourrait-il t'arriver de pénible ?
- De vieillir

La réponse avait fusé, automatique, comme si elle avait réfléchit au problème des heures et des heures. Ce qui était sûrement le cas. Mon sourire se figea, devenant faux, même à mes yeux et je levai les yeux aux ciel presque certain de sa réponse à la question qu'Alice allait formuler.
- Dix-huit ans, ce n'est pas si âgé, contesta le lutin. En général, les femmes attendent d'avoir atteint la trentaine avant de refuser de fêter leur anniversaire non ?
- C'est plus qu'Edward, bougonna-t-elle

Comme par hasard ! Je soupirai. Elle ne supporterai donc jamais de vivre sa vie d'humaine ! Je m'efforçai de penser à autre chose car ce sujet me mettait hors de moi.
Alice continua d'essayer de la convaincre que ce jour était beau mais cette opération était perdue d'avance, surtout lorsqu'elle lui annonça qu'elle venait le fêter à la maison le soir même. J'appuyai Alice en lui annonçant que je passerai chercher Bella chez elle après les cours.

- Je bosse, protesta-t-elle
- Non, non, non ! la contredit Alice. Je ne suis arrangée avec Mme Newton, et elle a accepté d'échanger ses heures de vendredi avec toi. A propos, elle te présente tous ses v½ux.

Elle était coincée et elle le savait mais ne comptait cependant pas s'avouer vaincue de sitôt.

- Et puis, je ... Je n'ai pas le temps ! Je n'ai pas encore regardé Roméo et Juliette pour le cours d'anglais !

Piètre défense qui eut le don d'énerver Alice.

- Mais tu connais la pièce par c½ur ! insista-t-elle
- Oui mais M. Mason nous a conseillé d'en voir une représentation afin de l'apprécier pleinement. C'est ce que voulait Shakespeare.

Je levai les yeux au ciel. Elle était vraiment prête à tout pour échapper à cette soirée. Je sentais que ça allait tourner au vinaigre d'autant qu'Alice commençait vraiment à s'énerver à présent.

- Mais tu as déjà vu des adaptation ! persista-t-elle
- Pas celle des années soixante. M. Mason soutient que c'est la meilleure.

« Elle a vraiment réponse à tout ! Elle n'y coupera pas ! Elle ne va pas nous gâcher notre plaisir non ? Edward aide moi ! »

- Ecoute, Bella, tu as le choix entre deux solutions, maugréa-t-elle. La facile et la difficile. Quoi que tu ...

Alice était vraiment en colère à présent. Il était temps que j'intervienne.

- Du calme, l'interrompis-je. Si Bella a envie de regarder un film, à sa guise. Après tout c'est son anniversaire.

« C'est ça que tu appelles m'aider ?! »

- Exactement ! Se dépêcha d'intervenir Bella
- Je l'amènerai à la maison vers dix-neuf heures, cela te laissera plus de temps pour les préparatifs.

Alice éclata de rire et partit en direction de son premier cours. J'avais vaguement l'impression d'être un traître envers Bella mais j'étais persuadé qu'elle s'amuserait.

- Je t'en prie... Edward, commença-t-elle d'une voix implorante.

Je ne pouvais pas la laisser continuer, dans le cas contraire j'aurais été dans l'obligation d'accéder à sa requête. Il m'était impossible de lui refuser quoi que ce fut.
- On en discutera plus tard, l'interrompis-je en caressant sa lèvre. On va être en retard.

Le reste de la journée se passa sans qu'un mot ne fut prononcé sur la soirée à venir. Alice bouillonnait et Bella désespérait. On aurait dit qu'elle s'apprêtait à se repentir d'un crime qu'elle n'avait pas commis. Plusieurs fois j'ouvris la bouche pour annuler l'invitation du soir mais j'avais l'intime conviction que cela lui plairait. Un petit peu au moins. Enfin, arriva le moment de quitter le lycée, j'accompagnai Bella jusqu'à sa camionnette et lui ouvris la portière passager. Elle ne parut pas s'en formaliser et elle avait dû comprendre qu'Alice avait pris la Volvo. Cela limiterai les chances de fugues. Elle se planta face à moi, sous la pluie battante et croisa les bras.

- C'est mon anniversaire, je conduis, décréta-t-elle
- Ah mais je t'obéis et je me comporte comme s'il s'agissait d'un jour ordinaire.
- Dans ce cas, je n'irai pas chez toi tout à l'heure.

Evidemment. Mais elle n'allait pas gagner aussi facilement.

- Tu veux jouer à se petit jeu ? Très bien.

Je la poussai côté conducteur et élevant la voix je claironnai

- Bon anniversaire !
- Chut !

Elle s'installa derrière le siège conducteur. Elle était de mauvaise humeur mais je ne doutais pas que cela lui passerait. Je décidai de la distraire. Sachant qu'Emmett, Jasper et Rosalie lui avaient acheté un autoradio, je m'en pris au sien.

- Cet appareil est nul, décrétai-je faussement bougon.
- Si tu veux de la bonne musique tu n'as qu'à te servir de ta voiture, répliqua-t-elle, irritée et sèche.

Je ne lui aurait jamais avoué mais elle m'avait fait du mal. Je détestais la rendre de mauvaise humeur mais il fallait qu'elle profite de sa vie d'humaine et de ses expériences. Elle ne voulait rien savoir. Elle voulait devenir un monstre. Un vampire. Lorsque nous nous garâmes devant chez Charlie je décidai d'utiliser la dernière carte qu'il me restait en main. Je pris son visage entre mes paumes avec mille précautions, j'exerçais une légère – du moins je l'espérais – pression sur ses tempes, ses pommettes et sa mâchoire. Je ne voulais surtout pas la blesser. Je plantai mes yeux dans les siens.

- Tu devrais être heureuse, aujourd'hui plus que jamais, murmurai-je en me rapprochant de façon à ce que mon haleine la trouble.
- Et si je n'en n'avais pas envie, murmura-t-elle, le souffle court.

Je sentais que la victoire viendrait mais il allait falloir que je risque une fois de plus sa vie. J'étais pourtant sûr de moi et je pouvais me le permettre.

- Alors, c'est vraiment dommage, murmurai-je avant de coller mes lèvres aux siennes.

J'avais gagné je le sentais, ses lèvres étaient distantes mais avides. Elle était ailleurs, son esprit était occupé – à ne pas oublier de respirer probablement – mais très vite elle cédèrent et elle en oublia toutes ses craintes. Puis, une fois encore, elle se laissa emporter et enroula ses bras autour de mon cou et commença à me rendre mon baiser avec passion et envie. Bien que je n'en n'avais nullement envie, il fallait que je l'arrête. Je souris et m'écartai d'elle brisant sans difficulté aucune l'étau de ses bras dans lequel elle avait pourtant dû mettre toute sa force.

-Sois sage, chuchotai-je

Je déposai un ultime baiser sur ses lèvres tiède et pourtant brûlantes contre ma peau de marbre, je croisai ses bras sur son ventre, attendant que son c½ur se calme. Elle posa une main sur sa poitrine.

- Crois-tu que j'arriverai un jour à me maîtriser ? questionna-t-elle. Que mon pouls cessera de s'emballer chaque fois que tu me touches ?
- J'espère bien que non, m'esclaffai-je

Cette remarque parut lui déplaire, bien que j'en ignorât la raison.

- Bon, allons voir comment les Montaigu et les Capulets s'exterminent, décréta-t-elle en me jetant un regard irrité.
- Vos désirs sont des ordres, mademoiselle

Je m'installai confortablement afin d'être tout à mon aise lorsque le film commencerait. Je ne voulais pas perdre un seul des précieux instants qui allaient suivre. Je pourrais observer ma bien-aimée à loisir. Elle se percha à l'extrémité du divan tandis que je l'attirais à moi en enserrant sa taille. Puis je la couvris du plaid présent sur le divan pour l'empêcher de geler à mon contact.

- Roméo m'a toujours tapé sur les nerfs, l'avertis-je
- Que lui reproches-tu ? répliqua-t-elle, visiblement offensée.

Il avait une vie, une âme, et, pardessus tout, l'odeur de Juliette ne le faisait pas devenir fou, au point d'avoir peur de ne plus savoir se contenir et de vider sa bien aimée de son sang. Il pouvait l'aimer sans limite, il n'avait pas besoin de la repousser lorsqu'elle s'emportait trop et lui prouvait son amour. Il pouvait aimer comme n'importe quel homme. Alors, oui je l'enviais.

- Eh bien pour commencer, il est fou amoureux de Rosaline, ce qui ne l'empêche pas de s'enticher très vite de Juliette. Tu ne trouves pas que ça lui donne des airs d'inconstant ? Ensuite, quelques minutes après son mariage avec Juliette, il tue le cousin de celle-ci. Pas très malin. Il accumule les erreurs ce type. Il aurait voulu détruire son bonheur tout seul qu'il ne s'y serait pas pris autrement.

La raison donnée, quoique réelle, était insignifiante comparée à la jalousie qu'il m'inspirait. Je ne pouvais pourtant décemment l'avouer à Bella sans la blesser. Je ne pouvais lui avouer combien il était dur de rester chaque seconde à ses côtés. Mais je l'aimais, plus que tout et cet amour me permettait de rester chaque jour à ses côtés.

- Tu préfères que je le regarde seule ? soupira-t-elle

Cette question semblait tellement la contrarier que je retins un éclat de rire. Elle n'arriverait pas à se détacher de moi. Quoi que je fasse. Je retins un soupir, elle faisait mon bonheur, chaque jour mais elle aurait pu vivre des moments merveilleux avec un autre homme, un véritable humain. Au lieu de ça elle préférait se contenter d'un caillou.

- Non, répondis-je en promenant mes doigts le long de son bras. De toute façon, c'est toi qui m'intéresse, pas le film. Tu vas pleurer ?
- Si je suis attentive, sûrement, admit-elle
- Alors je ne te distrairai pas

Je voulais voir l'émotion la submerger et être telle qu'elle ne pouvait tenir dans son corps frêle. Je voulais voir son émotion déborder. Elle serait magnifique j'en étais certain. J'enfouis ma tête dans ses cheveux et sa fragrance me submergea une fois de plus. Tandis qu'elle fixai l'écran, je murmurai à son oreille les vers de Roméo, appris des années auparavant mais qui ne s'effaceraient pourtant jamais de ma mémoire. L'½uvre la captiva mais, comme promis, c'est Bella qui retint mon attention en versant quelques magnifiques larmes. Elle était magnifique, plus belle encore que tout ce que je m'étais imaginé. Je souris de bonheur. Je me sentais coupable de lui avoir menti et je décidai de lui avouer une partie de la vérité
- J'avoue que je l'envie un peu, ce Roméo, admis-je.
- Juliette est très jolie.

Sa remarque me désarçonna. Comment pouvait-elle imaginer que j'enviais Roméo à cause de Juliette ?!

- Pas à cause d'elle, protestai-je dégoûté. A cause de la simplicité de son suicide. Vous avez vraiment de la chance, vous les humains !Il vous suffit de boire d'un trait un petit mélange d'extraits de plantes et hop ...
- Pardon ?
- Bah, c'est juste qu'il m'a fallu un jour considérer cette solution. Connaissant l'expérience de Carlisle en la matière, je savais que ce ne serait pas simple. Je ne suis même pas certain de connaître le nombre exact de fois où il a tenté d'en finir, lorsque... Après qu'il eut compris ce qu'il était devenu... Or, il est toujours en excellente santé, finis-je sur un ton plus léger, espérant qu'elle oubliât le début de ma tirade.
- Mais qu'est que tu racontes ? s'indigna-t-elle. Qu'est ce que ça signifie «il m'a fallu un jour considérer cette solution » ,

Raté. Elle n'avait pas oublié.

- C'était au printemps dernier quand tu as... failli être tuée ...

Je respirai profondément, cela ne me procura pas le même bien-être qu'aux humains, mais me calma néanmoins. En reparler était difficile. J'étais coupable. Sans moi, elle ne serait jamais allé dans l'hôpital de Ph½nix avec tous ces bandages. Elle n'aurait jamais manqué de finir en immortelle. Elle n'en n'aurait jamais eu l'envie. Après cet incident, elle s'était résolue à devenir un monstre ! Je repris en m'efforçant d'adopter un ton léger.

- Bien sûr ma priorité était de te retrouver vivante. Pourtant j'ai dû envisager d'autres éventualités. Et je te l'ai dit, ce n'est pas aussi aisé pour un humain que pour moi.

Me jeter du haut d'une falaise ou passer sous les roues d'un 38 tonnes ne servirait à rien.

- D'autres éventualités ? Répéta-t-elle, abasourdie.

Comment pouvait-elle encore croire que je pourrais exister sans elle ? Si elle venait à disparaître, je ne comptais pas rester une seconde de plus sur cet enfer. Si elle disparaissait, mon existence deviendrait enfer.

- Enfin voyons ! m'impatientai-je. Il était évident que je ne comptait pas vivre sans toi ! Mon seul problème, c'était la façon dont j'allais m'y prendre. Inutile d'espérer l'aide d'Emmett ou de Jasper. Alors j'ai songé à me rendre en Italie pour provoquer les Volturi.

Partie II :


Lorsque j'avais couru le long des rues ensoleillées de Phoenix, j'avais opté pour cette solution. Je me serais rendu en Italie et je leur aurait demandé de me détruire. Avec un peu de chance, ils auraient accepté.

- C'est qui ces Volturi ? Aboya-t-elle
- Une famille, répondis-je, évasif. Un clan très ancien et très puissant de notre espèce. Ce qui, pour nous, se rapprocherait le plus d'une famille royale, j'imagine. A ses débuts, Carlisle a brièvement vécu avec eux. Avant de gagner l'Amérique. Tu te rappelles ?
- Oui

Elle parut se perdre dans ses pensées. Pensées qui m'étaient inconnues et je ne comprenais toujours pas pourquoi. Cela avait le don de m'agacer mais elle préférait que je ne les connaisse pas et je voulais lui faire plaisir avant tout, même si cela me rendait dingue. Tel un lion en cage, je ne cessai de tourner en rond dans mon propre esprit.

- Bref, repris-je, on n'irrite pas les Volturi, sauf à souhaiter mourir... Ou, du moins à subir le sort qui nous est réservé, à nous autres vampires.

Son visage pâlit et elle devint aussi blanche que moi. J'allais céder à la panique lorsqu'elle prit mon visage de pierre entre ses mains délicates et chaudes.

- Je t'interdis d'avoir de pareilles idées à l'avenir ! Quoi qu'il puisse m'arriver, je t'interdis de te détruire.

Je décidai d'éluder la promesse qu'elle était en train de me faire faire. Il était hors de question que j'existasse sans elle. Elle était tout ce qui comptait à mes yeux en ce monde.

- Je n'ai pas l'intention de t'exposer à de nouveaux dangers, alors le sujet est clos.
- M'exposer ? s'emporta-t-elle, je croyais qu'on était d'accord là-dessus – la malchance qui me poursuit relève de ma seule faute ! Que tu oses penser différemment est intolérable !

Et puis quoi encore ? James ne l'aurait jamais poursuivie si je n'avais pas été là ! Il n'y aurait même pas pensé !

- Comment réagirais-tu à ma place ?
- Ce n'est pas pareil.

Ben voyons ! Je ricanai amèrement.

- Si c'était à toi qu'il arrivait quelque chose, suggéra-t-elle en blêmissant, voudrais-tu que je me suicide ?

La tristesse m'envahit. Comment osait-elle penser cela ? Bien sûr que non, même si je venais à disparaître, il fallait qu'elle refasse sa vie et m'oublie. Je finis par comprendre son point de vue l'espace d'un tout petit instant.

- Je comprends ton point de vue... un peu, avouai-je, penaud. Mais que ferais-je sans toi ?
- Ce que tu faisais avant que je ne débarque dans ta vie et te complique les choses.
- Ainsi formulé, ça paraît tellement simple, soupirai-je.
- Ca l'est, je ne suis pas très intéressante tu sais.

J'allais protester, y renonçai. Comment pouvait-elle imaginer un seul instant qu'elle était inintéressante ? Mais elle était têtue et ne changerait pas d'avis si facilement

- Ce sujet-là est clos lui aussi, répondis-je, mettant fin à la discussion.

« Il va encore être là, l'autre. Mais c'est l'anniversaire d'Isabella, sois raisonnable et fais lui plaisir »

Je me redressai doucement, du moins je l'espérai, m'assis à quelques centimètres de Bella et la redressai aussi, de façon à paraître moins proches que nous l'étions.

- Charlie ? devina-t-elle

Pour toute réponse je lui souris tandis que j'entendis la voiture de patrouille tourner au coin de la rue et se garer dans l'allée de graviers. Elle me prit la main et la serra doucement. C'est du moins l'impression que j'avais mais elle devait y mettre toute sa force. Son père entra d'un carton à pizza dégageant une odeur nauséabonde. Il respira profondément et lança :

- Bonjour les enfants ! lança-t-il à la cantonade. Je me suis dit que tu apprécierais être débarrassée de la cuisine le jour de ton anniversaire, ajouta-t-il à l'adresse de Bella.
- Bien sûr. Merci, papa.

Evidemment, je n'avais pas faim. Je me perdis dans la contemplation de l'écran de télévision, attendant la fin du repas pour poser une question à laquelle je connaissais déjà la réponse.

- Puis-je vous emprunter Bella pour quelques heures ?

Bella avait l'air anxieuse, guettant a réponse de Charlie.

« Au moins Bella ne s'ennuiera pas avec moi, vu qu'il y a le match »

- Pas de problème, répondit-il au grand désespoir de cette dernière. Il y a un match Mariners-Sox, je ne serai pas de très bonne compagnie... Tiens, n'oublie pas ça.

Il lui lança un petit paquet qui contenait l'appareil photo. Il aurait été étonnant que Bella réussisse à le rattraper. L'objet effleura ses doigts et lui échappa. Je plongeai la main, arrêtant sa course juste à temps.

- Bien joué, me félicita Charlie. Tu connais ta mère Bella, elle trépigne à l'idée de voir tes photos.
- Bonne idée, renchéris-je en lui tendant l'appareil.

Elle cadra mon visage et appuya sur le bouton déclencheur.

- Il fonctionne.
- Super ! Bon, amusez vous bien, les enfants.

Aucun doute, le match n'allait pas tarder à commencer. Il n'attendit pas qu'on soit sortis pour s'installer devant la télé.
Nous sortîmes et je fis monter Bella côté passager. Contrairement à ce à quoi je m'attendais elle ne protesta pas. Sa camionnette m'agaçait. On ne pouvait pas dépasser le quatre-vingt kilomètre-heure sans provoquer un grondement assourdissant. Elle aurait dû accepter que je lui change pour le coupé.

- Doucement, m'avertis-t-elle.

Sa voix m'apaisa et je ralentis quelque peu. J'essayai néanmoins de la convaincre une fois de plus.

- Tu sais ce qui te plairait vraiment ? Un petit coupé Audi. Puissant et très silencieux.

L'inverse de son antique camionnette.

- Ma voiture me convient parfaitement. Et à propos de dépenses inutiles, si tu tiens à la vie, tu as intérêt de ne rien m'avoir acheté pour mon anniversaire, m'avertis-t-elle.
- Je n'ai pas déboursé un sou, lui promis-je, l'innocence incarnée.

C'était vrai. J'avais fait son cadeau moi-même.

- Bien.
- Tu me rendrais un service ?
- Ca dépend.

Evidemment. Il ne me restai plus qu'une solution, l'implorer.

- Bella, soupirai-je, le dernier vrai anniversaire que nous avons célébré est celui d'Emmett en 1935. Alors je t'en prie, laisse-nous un peu de mou et fais un effort. La famille est super-enthousiaste.

Cela eut l'air de fonctionner car elle se perdit dans ses pensées (inconnues) et elle finit par concéder.

- Je vais essayer, promit-elle.

Je devais pousser ma chance au maximum.

- Il faut aussi que je te prévienne.
- Oui ?
- Tout le monde est à la maison
- Pardon ? Emmett et Rosalie sont revenus d'Afrique ?
- Emmett souhaitait être présent, répondis-je en omettant volontairement
Rosalie. Elle ne l'oublia pas, cependant.
- Et ... Rosalie ?
- Ne t'inquiète pas, la rassurai-je, elle saura se tenir.

L'animosité que lui inspirait Bella n'avait pas bougé d'un pouce, surtout après les évènements du printemps dernier et elle était partie en Afrique en compagnie d'Emmett, en partie pour fuir Bella.

- Si je ne peux pas t'offrir l'Audi, repris en changeant de sujet, n'y a t il d'autres cadeaux que tu accepterais ?
- Est-il nécessaire que je te répète ce que j'attends de toi ? chuchota-t-elle, comme effrayée.

Je serrai les dents et fronçai les sourcils. Je regrettais de ne pas m'en être tenu au sujet de Rosalie.

- Pas ce soir, s'il te plaît, Bella.
- Tant pis, Alice sera peut-être d'accord, elle.

Un grondement de fureur s'échappa de ma poitrine et monta dans ma gorge.

- Ne rêve pas ! ripostai-je, furieux. Ceci ne sera pas ton dernier anniversaire !

Si jeune et si prête à mourir. Son obsession à vouloir devenir un monstre me dépassait.

- C'est injuste ! répondit-elle, telle une petite fille boudeuse.
Je serrai les dents au points qu'elles grincèrent entre elle. Un coup d'½il dans sa direction m'apprit qu'elle les avait entendues. Nous étions devant la maison, toutes lumières allumées et Alice avait ajouté de la décoration. Je soufflai un coup et lui rappelai

- C'est une fête. Tâche de jouer le jeu.
- Compte sur moi, marmonna-t-elle

Je fis le tour de la camionnette et lui tendis le bras.

- J'ai une question, lança-t-elle soudain

Je me raidis, attendant, tendu comme un arc ?

- Si je donne la pellicule à développer, apparaîtras-tu sur les photos ? questionna-t-elle en agitant l'appareil.

J'éclatai de rire. Elle avait toujours des questions étonnantes. Je ris jusqu'au moment où je lui ouvris le battant de la porte et m'effaçai pour la laisser passer. Je n'avais pas encore vu la décoration – Alice m'avait caché ses pensées- mais dès que j'entrai, je compris pourquoi Esmée et Rosalie étaient consternées depuis hier soir. Chaque surface avait été recouverte de roses et de bougies. Près du piano, une gigantesque table était installée. Sur cette dernière trônait un immense gâteau qui n'attendait que Bella. A côté étaient disposés une pile d'assiettes en verre et le tas de cadeaux que nous lui avions fait.
Bella était désespérée. Je l'enlaçai par la taille et déposai un baiser encourageant au sommet de son crâne. Esmée et Carlisle s'approchèrent en premier et la serrèrent dans leur bras à tour de rôle. Carlisle s'excusa pour les folies d'Alice. Puis vinrent Emmett et Rosalie. Cette dernière avait le visage fermé et les pensées sombre mais elle n'était pas aussi hostile qu'auparavant. Emmett quand à lui, taquina Bella en guise de salutation.

- Tu n'as pas changé. J'espérais une différence perceptible, mais tu rougis toujours autant, rigola-t-il.
- Merci beaucoup, répondit-elle en s'empourprant davantage
- Je dois m'absenter une minute, ajouta-t-il en jetant un coup d'½il à Alice.
Attendez moi pour commencer à vous amuser.

« Nous allons enfin pouvoir nous amuser ! »

Alice lâcha la main de Jasper qui sourit mais n'approcha pas Bella par peur de lui faire du mal. Je lui était extrêmement reconnaissant de savoir tenir ses distances.

- C'est l'heure des cadeaux ! décréta Alice

Prenant Bella par le coude, elle la conduisit – la tira – vers la table. Cette dernière afficha un air de martyre et dit d'une voix suppliante :

- Alice, je t'avais dit que je ne voulais rien ...
- Et je ne t'ai pas écouté, la coupa-t-elle, aux anges. Déballe celui là, lui ordonna-t-elle en lui ôtant l'appareil des mains et lui fourrant le premier paquet dans les mains.

Elle eut l'air embarrassée, même lorsqu'elle ouvrit le paquet -vide-

- Euh ... Merci, dit-elle, visiblement gênée de ne pas savoir de quoi il retournait.

Son expression était hilarante et nous nous esclaffâmes de conserve –même Rose sourit.

- C'est une stéréo pour ta camionnette, lui expliqua Jasper. Emmett est en train de l'installer. Comme ça, tu ne pourras pas la refuser.
- Merci Jasper, Rosalie. Merci Emmett ! lança-t-elle plus fort de façon à ce que ce dernier l'entende.

Il explosa littéralement de rire. Il était bon de le retrouver lui aussi. Alice ne tenait plus et voulait lui offrir son cadeau – notre cadeau.

- A notre tour, à Edward et à moi dit-elle en poussant le boîtier vers elle.

Elle me fusilla du regard.

- Tu avais promis ! s'emporta–t-elle
- Tip top au bon moment ! lança Emmett en sautant à travers la pièce.
- Je n'ai pas dépensé un sou, répondis-je, l'innocence incarnée.

J'écartai une mèche de ses cheveux et elle frissonna. J'avais oublié à quel point j'étais gelé pour elle. Quel imbécile !

- Très bien, ronchonna-t-elle.

Emmett ricana et elle me lança un regard vaguement agacé. Pour toute réponse, je lui souris tandis qu'elle glissait son doigt sous l'emballage pour le décoller. L'emballage entama sa peau au moment précis où une odeur exquise me brûla la gorge. Son odeur. Son sang avait transperçé la Par bonheur j'étais le plus proche d'elle et, bien sûr, le plus sensible à son odeur. Je la sentis un tout petit instant avant les autres ce qui me permis de me jeter sur elle avant que quiconque ait pu réagir. Jasper gronda et se jeta néanmoins sur moi dans un vacarme assourdissant pour l'atteindre. Ses dents claquèrent à quelques centimètres de mon visage avant qu'Emmett comprenne ce qu'il se passait et vienne l'emprisonner dans l'étau de ses bras. Il n'avait plus qu'une idée en tête ; échapper à Emmett et goûter son sang. Ses yeux ne refletaient que la folie du désir qui le brûlait de l'intérieur.
Bella était saine et sauve mais je l'avais projetée contre la pile d'assiettes qui s'était brisée sous le coup et quelques morceaux avaient perforé son avant bras. La tête me tourna et, quand je compris ce qu'il m'arrivait, j'arrêtai ma respiration pour tenter de réfréner ma soif. Autour de moi, j'entendis cinq vampires faire de même ...


__________

Voilà ! La 2ème partie est en ligne ! J'espère qu'elle va vous plaire.
Beaucoup d'entre vous m'ont dit que la scène où Bella se coupe le doigt n'était pas
assez décrite mais elle se passe très vite et je ne voulais pas créer une impression
de durée avec trop de détails. Je vais néanmoins essayer de la modifier quelque peu.
Chers lecteurs (oui, il y a au moins un lecteur et pas que des lectrices n'est-ce pas alexy ? ;) ),
je vous souhaite une bonne lecture.

Vos critiques ? (bonnes ou mauvaises :))

# Posté le dimanche 16 novembre 2008 06:42

Modifié le samedi 07 février 2009 12:58

Chapitre 3 : Décision douloureuse

Chapitre 3 : Décision douloureuse
Carlisle était là et j'en fus content. Hormis Jasper il fut le seul à ne pas retenir sa respiration mais contrairement à ce dernier ses yeux et son expression étaient calmes.

- Emmett, Rose, faites sortir Jasper.

Emmett, sérieux, entraîna dehors un Jasper plus que réticent. Il essaya une fois de plus d'attaquer Bella mais je m'accroupis près d'elle et lançai un grognement d'avertissement quelques peu agressif. Rosalie jubilait.

« Ne t'avais-je pas dit que ça arriverait Edward ? »

Me détournant des autres je lui montrai les dents. Elle accompagna Jasper et Emmett dehors. Esmée avait une main devant sa bouche et son nez. Elle était concentrée à ne pas se laisser entraîner par ses instincts. Honteuse, elle se tourna vers Bella.

- Je suis vraiment navrée, Bella, lança-t-elle précipitamment avant de se jeter à la suite des autres.
- Laisse moi approcher, Edward, murmura Carlisle.

Il respirait encore et je me méfiais mais il était calme et sûr de lui. Je me détendis un peu et m'écartai de Bella. Il s'agenouilla et Alice lui tendis une serviette.

- Il y a trop d'éclat de verre dans la blessure, chuchota-t-il.

Il déchira un bout de la nappe et improvisa un garrot autour du coude de Bella.

- Veux-tu que je t'emmène à l'hôpital, Bella ? Où préfères-tu que je m'occupe de toi ici ?
- Ici, s'il vous plaît, chuchota-t-elle

Quelle surprise ! La réponse contraire m'aurait étonné.

- Je vais chercher ta sacoche, s'empressa d'ajouter Alice.

Elle avait de plus en plus de mal à contenir sa respiration. Je le sentis et commençai à me méfier d'elle tout en restant sur mes gardes.

- Installons-nous dans la cuisine, décréta donc Carlisle.

Je soulevai Bella et l'emmenai dans la cuisine.

- Comment te sens-tu, Bella ?
- Ca va, répondit-elle d'une voix assurée.
De mon côté, je tachai de rester impassible même si la soif qui me dévorait me poussait à hurler ma douleur. J'avais la gorge sèche, trop sèche. Elle n'était par ailleurs pas la seule à me faire souffrir. Il était arrivé ce soir ce que j'avais tant redouté au cours des mois précédents. Nous étions dangereux pour elle. Il était malsain qu'elle continue à nous fréquenter, nous devions nous éloigner mais je n'en n'avais pas la force. Je ne pouvais plus imaginer mon existence sans elle. Cela m'était impossible. Je la déposai doucement sur une chaise de la cuisine – inutile- et me tins près d'elle, raide.

- Je t'en prie, vas-t-en, murmura-t-elle
- Je suis capable de me contenir, répliquai-je

Mensonge éhonté qu'elle n'avala pas le moins du monde.

- Inutile de jouer les héros, répliqua-t-elle. Carlisle n'a pas besoin de ton aide. Vas respirer l'air frais.

Cela m'aurait en effet fait le plus grand bien mais je ne voulais pas la quitter.

- Mieux vaudrait que tu rejoignes Jasper avant qu'il dépasse les bornes. Je suis sûr qu'il s'en veut terriblement. Toi seul pourra le calmer.

« Tu ne contiendras plus ta soif très longtemps, donc sors avant de commettre un acte regrettable »
La pensée de mon père me choqua et me blessa profondément. Il avait pourtant raison, je devais l'admettre

- Oui, va retrouver ton frère, s'empressa d'ajouter Bella
- Comme ça, tu serviras à quelque chose, renchérit Alice
Vaincu, je sortis de la pièce en pestant intérieurement. Je me retrouvais vite dehors et, malgré moi, cela me fit du bien. Jasper se calmait peu à peu et commençait à culpabiliser. Rosalie jubilait.

« Je t'avais dit que ça arriverait ! Tu aurais dû m'écouter, encore une fois ! »

Je la fis taire d'un grognement qui n'augurait rien de bon. J'étais furieux ! Comment osait-elle me torturer davantage ? Je devais pourtant avouer qu'elle avait raison. Honteux, je baissai les yeux.

- Comment ai-je pu faire ça ? se lamenta Jasper. Carlisle va être furieux ! Je vais partir, je ne peux faire autrement.
- Non, tu ne partiras pas. Il en est hors de question. Pense à Alice.
- Mais j'ai failli tuer Bella ! Comment peux-tu me protéger et m'encourager à rester ?
- Je suis le seul à blâmer dans cette histoire, Rosalie avait raison. Il est arrivé ce soir ce qu'il devait arriver un jour ou l'autre. Ce n'est pas ta faute et Carlisle ne t'en veut pas. Rassure toi.

Il faillit protester mais je l'en empêchai. L'entendre se morfondre rendait la chose encore plus difficile.

- Je suis heureuse de voir que tu comprends enfin que Isabella est un danger pour nous tous, lança Rosalie, glaciale. Si ce qui s'est passé ce soir avait dégénéré tu aurais pris sa défense, et nous nous serions affrontés comme une bande de chiens.

Ce fut plus fort que moi. Je me jetai à son cou sans même avoir prémédité mon geste. Je voulais lui faire sentir ma souffrance. Je voulais la détruire, l'anéantir comme je l'étais moi-même. Emmett se jeta sur moi pour protéger sa bien-aimée. Il me maintins dans l'étau de ses bras musculeux. J'étais coincé, je ne pouvais faire un geste malgré ma force surhumaine. Alice arriva à ce moment précis. Elle retenait sa respiration et était plus pâle encore. Immédiatement je m'inquiétai mais son esprit ne reflétait que sa soif. Rien n'était arrivé. Elle eut un drôle de rictus lorsqu'elle me découvrit dans les bras d'Emmett.

- Rose, susurra-t-elle, ne crois-tu pas que c'est suffisamment dur pour Edward sans que tu aies à lui compliquer la tâche ?
- Il nous a tous mis en danger maintes fois ! Explosa-t-elle, Comment veux-tu que je reste sans rien dire ! C'est un danger, une menace pour nous tous ! Imagine ce qu'il se passerait si les Volturi apprenaient qu'elle est dans le secret ?

A la mention des Volturi, je sursautai.

- Il n'est pas question d'eux ! Ils ne seront jamais qu'elle est dans le secret ! Nous n'avons pas prévu de voyage pour là-bas dans l'immédiat !
- Edward, Edward calme toi s'il te plaît, continua de susurrer Alice.

Elle lança un bref regard à Jasper et une bouffée de calme m'envahit. Rosalie aussi parut se calmer. Malgré son malaise, il pouvait faire agir son pouvoir, il prenait de l'importance.

- Où est Esmée ? Lançai-je pour changer de sujet
- Elle nettoie le salon, répondit Alice.

Je décidai d'aller voir si elle voulait de l'aide et Alice m'accompagna. Bella était là aussi et conversait avec Esmée. Apparemment, elle aussi voulait l'aider mais cette dernière venait de finir. Alice s'avança vers elle et lui proposa une tenue moins macabre que la chemise, désormais fichue, qu'elle portait. Elles montèrent dans la chambre de ma s½ur tandis que je m'approchais d'Esmée. Elle me prit dans ses bras et une partie du poids qui m'étouffait se souleva. Je me sentis moins oppressé.

- Ca devait arriver, mais ce n'est rien de grave, chuchota-t-elle
- Ce n'est rien de grave ?! Elle a failli se faire tuer par ce que nous sommes ! Et tu oses me dire que ce n'est pas grave ? Elle aurait pu mourir !
- Ca n'est pas arrivé et, même si Jasper est plus tenté que nous, nous sommes assez forts pour le retenir.
- Oui mais nous sommes dangereux pour elle.
- Nous nous en sortirons, ne prends pas de décision hâtive, s'il te plaît réfléchis à toute décision que tu pourras prendre cette nuit.

Elle me connaissais et savait que cette nuit il se passerait quelque chose... J'en étais certain. Moi aussi au fond de moi, je me doutais qu'après cette nuit je ne serais plus jamais le même. Tout à coup sa voix me parvint.

- Alice ? C'est grave ? Chuchota-t-elle
- Je n'en ai aucune idée pour le moment.

Je n'entendis pas le reste de la conversation, ne remarquai même pas qu'Esmée quittait la pièce ; j'étais complètement absorbé dans mes pensées. Ainsi donc toute la famille attendait que je prenne une décision. La décision la moins douloureuse aurait été de tirer un trait sur ce qu'il venait de se passer mais je ne pouvais m'y résoudre. Pas pour l'instant en tous cas. Je reviendrais ici cette nuit. Au calme de ma chambre j'y réfléchirais. Elles descendirent les escaliers tandis que je m 'efforçai de rester impassible. Sans un mot – de peur que ma vois tremble – je lui ouvris le battant.

- N'oublie pas tes affaires ! s'exclama Alice. Tu nous remercieras plus tard, ajouta-t-elle après lui avoir fourré les cadeaux dans les mains.


Nous sortîmes de la maison sans mot dire . J'avais plus ou moins conscience que tout le monde me surveillait du coin de l'½il mais je n'en n'avais que faire. Le silence s'installa entre nous deux et elle finit par craquer.

- Dis quelque chose, me supplia-t-elle
- Que veux tu que je dise ? Lançai – je, lointain.
- Que tu me pardonnes, murmura-t-elle

Ce fut la goutte qui fit déborder le vase. Elle avait failli se faire tuer et en plus elle voulait qu'on lui pardonne ! Elle était vraiment incroyable.

- Te pardonner ? A toi ? De quoi ?
- Si j'avais été plus prudente, rien de cela ne se serait passé.
- Bella ! Explosai-je. Tu t'es coupée avec un bout de papier. Tu ne mérites pas d'être fusillée pour ça !
- N'empêche, c'est ma faute.

Ses derniers mots me firent l'effet d'une bombe et je perdis le peu de contrôle que je gardais sur moi.

- Ta faute ? Si tu t'étais blessée chez Mike Newton, en présence de Jessica, d'Angela et de tes autres amis normaux, qu'aurait-il pu arriver de grave ? Qu'ils soient à court de pansements ? Si tu avais trébuché sur une pile d'assiettes, et ce sans que personne ne t'y précipite aurait-ce été un drame ? Au pire tu aurais mis du sang sur la banquette de la voiture pendant qu'ils t'emmenaient aux urgences. Mike Newton t'aurait tenu la main pendant qu'on te recousait, et il n'aurait pas eut besoin de lutter contre l'envie de te tuer pendant les soins. Ne t'accuses pas Bella. Cela ne sert qu'à augmenter le dégoût que j'éprouve à mon encontre.

Je fixai le pare-brise, furieux. Je pensais que ma tirade la calmerait quelque peu mais ce n'étaient que des espoirs vains. Elle était trop têtue pour céder mais elle changea de sujet, ce qui m'arrangeait.

- Veux-tu bien m'expliquer pourquoi nous en sommes à évoquer Mike Newton ?
- Parce qu-il serait beaucoup plus sain pour toi de le fréquenter.
- Plutôt mourir ! Toi seul compte.

Je réprimai un soupir. Il était impossible qu'elle me considère comme ça. Je n'étais rien comparé à elle. Je demeurerais à jamais un être insignifiant, dangereux et, malgré tout ce qu'elle pouvait me dire, un monstre.

- Inutile d'être aussi théâtrale.
- Inutile d'être aussi bête.

Je repris mon examen du pare-brise, ne daignant la regarder de peur de ce que je lirais dans ses prunelles lorsque j'y plongerait les miennes. Lorsque nous arrivâmes chez elle, je coupai le contact mais n'esquissais aucun geste pour quitter l'habitacle.

- Tu restes cette nuit ? Questionna-t-elle
- Mieux vaudrait que je rentre
- C'est mon anniversaire

Je manquai de m'étrangler de rire néanmoins, je restai impassible et répondit.

- N'espère pas jouer sur tous les tableaux, ripostai-je d'un ton plus sec que souhaité, soit tu acceptes qu'on te le souhaite, soit tu refuses. Pas les deux en fonction de tes sautes d'humeur.
- Alors va pour les célébrations ! On se voit là-haut.

J'étais vaincu, je le savais mais cela ne m'empêcha pas de tenter un nouvel essai. J'avais tellement peur de lui faire du mal cette nuit ! Je savais que j'avais besoin de me défouler et d'évacuer ma tension mais son bonheur passerait avant le mien. Sauf lorsqu'il s'agissait de sa vie ... Là c'était différent.

- Tu n'es pas obligée de les accepter.
- J'y tiens.
- Je te signale que Carlisle et Esmée ont dépensé de l'argent
- Je m'en remettrai

Elle coinça ses paquets à l'aide se son bras valide mais je lui retirai des mains.

- Laisse moi les porter. Je te retrouve dans ta chambre
- Merci.
- Bon anniversaire

Je l'embrassai, ce qui me fit frissonner de plaisir. Elle se mit sur la pointe des pieds tandis que je me retirai dans sa chambre. Je lui adressai un demi sourire et partis en direction de la fenêtre. Je me hissai au travers de l'huisserie et m'assis sur le lit en commençant les réflexions qui me tenailleraient une partie de la nuit. Ce qui était arrivé ce soir n'était pas anodin. Nous avions tous eu de bons réflexes mais cela devait arriver. Il était contre nature de l'aimer. Ce que je faisais était interdit mais j'étais trop égoïste pour partir loin d'elle. Je ne pouvais me résoudre à cette solution. Et puis, contre toute logique, j'étais persuadé qu'elle ne se remettrai pas de mon départ et je ne supporterais jamais de la rendre malheureuse. C'étais vaniteux et égoïste de dire ça. Ce n'était qu'une excuse pour rester. Elle était trop exceptionnelle pour ne pas se remettre de mon départ.
Je l'entendis sauter de l'autre côté de la porte.

- Salut, bougonnai-je.
- Salut, chuchota-t-elle en se blottissant contre mon torse gelé. Puis-je ouvrir mes présents, maintenant ?

Son empressement m'arracha un sourire.

- D'où te viens ce brusque enthousiasme ?
- Tu as éveillé ma curiosité.

J'ouvris le paquet avant qu'elle ne s'en empare. Un nouvel accident n'était pas souhaitable. Je ne me retiendrais pas une nouvelle fois.

- Tu me crois capable d'ouvrir le couvercle ? bougonna-t-elle

Je ne relevai pas. C'était le cadeau de Carlisle et d'Esmée. Les billets d'avion pour Jacksonville. Elle paraissait prête à hurler de joie.

- Nous allons à Jacksonville ?
- C'est l'idée
- Je n'en reviens pas. Renée ne va plus se tenir. Tu es sûr que ça ne t'embête pas ? Il fait grand soleil, là-bas, tu devras rester à l'intérieur toute la journée.

Je souris. Ca lui ressemblait bien de se préoccuper de détails me concernant lorsqu'on lui offrait des billets pour aller voir sa mère.

- Ne t'inquiète pas, j'y arriverai. Si j'avais deviné que tu réagirais aussi bien, je t'aurais obligé à l'ouvrir devant Carlisle et Esmée. J'avais peur que tu protestes.
- Naturellement c'est beaucoup trop. Mais comme tu seras avec moi ...
- Tu me donnes des regrets de ne pas avoir dépensé de l'argent. Je ne savais pas qu'il t'arrivait de te montrer raisonnable.

J'avais eu une grande conversation avec Alice quelques jours plus tôt sur ce sujet. Elle voulait que je lui achète le coupé et j'avais dû batailler une bonne partie de la nuit pour venir à bout de ses arguments. Mai j'avais aussi dû me battre contre moi-même car j'avais envie de lui offrir mais je pensais qu'elle refuserait. Je m'étais donc contenu pour ne pas réveiller sa colère et son mécontentement. Pour rien.
Elle tendit la main pour attraper le dernier cadeau. Le mien. Je le pris à sa place, une fois encore, et le lui tendis, déballé.

- Qu'est-ce que c'est ? demanda-t-elle, perplexe.

Sans répondre, je pris ma compilation et glissai le CD dans son lecteur. Sa berceuse démarra. Elle l'écouta avec attention puis ses yeux se remplirent de larmes.

- Tu as mal au bras ?
- Non, ce n'est pas ça, renifla-t-elle. Oh Edward, c'est si beau ! Tu n'aurais pas pu trouver mieux. C'est merveilleux.
- Je me suis dit que tu n'accepterais pas que j'achète un piano pour te la jouer ici, m'excusai-je.
- Et tu as eu raison.
- Comment te sens-tu ? enchaînai-je en voyant son expression se raidir et son visage pâlir au fur et à mesure de la soirée.
- Je vais te chercher un calmant, décrétai-je.
- Je n'ai besoin de rien.

Je la déposai sur le lit et m'approchai de la porte.

- Charlie ! souffla-t-elle, alarmée.
- Il ne m'entendra pas.

Lorsque je pénétrai dans la salle à manger, je le trouvai captivé par son match de base-ball, ignorant que sa fille risquait chaque jour sa vie à mes côtés et que ce soir elle avait failli mourir. Par ma faute.
Je récupérai un verre d'eau, montai à la salle de bain chercher deux aspirines et rentrai dans la chambre avant que la porte ne se soit fermé.
Après qu'elle les eu avalés, je soulignai l'heure tardive et la glissai au lit avant de m'allonger près d'elle, sur la couette pour ne pas la tenir au froid. Je l'enlaçai. J'étais bien ici, près d'elle, de sa chaleur et de son odeur. Mais je ne le méritai pas, je le savais. Je l'avais toujours su. Je n'avais jamais eu ma place dans le monde des humains et j'avais eu tort de tenter une aventure que je n'étais pas capable de jouer. Elle était trop exceptionnelle pour mériter un monstre à ses côtés. Elle devait vivre sa vie, elle qui en avait une. Je ne pouvais pas l'empêcher de la vivre. Je ne le pouvais plus. Je l'avais assez déshumanisée. Il était temps que je parte. Que nous partions. Je ne passerai pas toute la nuit avec elle. J'irai trouver Carlisle dès qu'elle se serait endormie et nous en discuterions.
Ce fut elle qui rompit le silence.

- A quoi penses-tu ?
- Au bien et au mal.

Ce n'était pas tout à fait faux mais ce n'était pas non plus la vérité, je ne pouvais décemment pas lui avouer la vérité. Pas encore. Je devais d'abord m'éloigner d'elle petit à petit pour que sa chute ne soit pas trop abrupte.
Elle se raidit et se dépêcha de changer de sujet.

- Tu te souviens que je t'avais ordonné d'oublier mon anniversaire ?
- Oui, répondis-je froidement.
- Eh bien j'ai changé d'avis et je crois que, vu l'occasion, j'aimerais que tu m'embrasses de nouveau.
- Tu es bien exigeante, ce soir, ne pus-je m'empêcher de remarquer.

Sachant parfaitement que je tenais une occasion en or de lui dire au revoir, je ne pouvais lui refuser ce baiser.

- C'est vrai. Mais ne te force pas, surtout.

J'étouffai un rire. Moitié réel, moitié amer.

- Dieu me garde de ne jamais rien faire contre mon gré, chuchotai-je, malheureux car la décision que je venais de prendre était contre moi au plus haut point. Mais elle était pour elle et c'était ce qui comptait.

Je lui pris le menton et approchai ses lèvre contre les miennes. Comme toujours son c½ur s'emballa, mon cerveau cessa de fonctionner. Comme toujours elle s'emporta, dépassa bien des limites et comme jamais je la laissai faire. Pire, je me laissai emporter et fourrageai ma main dans ses cheveux, la collant contre mon corps de pierre. Son parfum fleuri m'emplit d'une sensation intense jusqu'à ce que mon cerveau retrouve ses fonctions. Je l'éloignai de moi, hors d'haleine, quasi horrifié. J'avais failli la tuer une fois de plus ce soir. Je me haïssais mais malgré tout, j'avais aimé cet instant.

- Désolé, murmurai-je penaud. C'était déraisonnable.
- Ca m'est complètement égal ! s'écria-t-elle
- Tâche de dormir, Bella, repris-je, lointain.
- Non je veux que tu m'embrasses encore.

J'avais déjà du mal à rester dans la même pièce. Je n'en n'étais pas capable. Je me haïssais suffisamment sans avoir besoin d'en rajouter.

- Tu surestimes mes capacités à me contrôler.
- Qu'est-ce qui t'attire le plus chez moi ? Mon sang ou mon corps ?
- C'est du pareil au même, souris-je. Et maintenant, si tu cessais de jouer avec le feu et dormais, hein ?
- D'accord.

Elle se blottit pour la dernière fois contre mon torse de pierre. Je profitai de l'instant présent, sachant qu'il n'y en aurait plus aucun autre semblable.


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Je précise que je ne relis jamais (ou très peu) mes chapitres
(je suis tellement perfectionniste que je n'aurais jamais fini :$ )
donc si vous voyez des fautes d'orthographe ou de frappe, signalez-les
moi, c'est tellement plus agréable de lire un texte sans fautes :)

Merci beaucoup pour vos commentaires, c'est un plaisir de les lire ^^

Vos critiques ? (Bonnes ou mauvaises :))

# Posté le mardi 25 novembre 2008 14:47

Modifié le samedi 21 mars 2009 15:46